Posts filed under '36 15 my life'

Le Cauchemar, lettre de prison

in Le Soir

Je suis journaliste. Mais ce n’est pas pour ça que j’écris aujourd’hui. Ce texte est mon témoignage. Quelque chose d’immense et d’effrayant m’est arrivé, il y a plus d’une semaine.

C’était jeudi. Le 5 juin, c’est l’anniversaire de mon compagnon. A 5h00 du matin, on frappe à la porte. Je dormais encore, je m’habille vite, ça a l’air important. Lorsque j’ouvre, je vois des policiers dans la cage d’escalier. Il y en a beaucoup. Je pense à un cambriolage. On me dit que c’est pour une perquisition. Chez moi ? « Vous venez chez moi ? » je dis. Oui. Je leur demande pourquoi. « On ne sait pas. On a juste un mandat. » Ils entrent. « Vous êtes seule ? Vous êtes sûres ? » Ils sont 6 ou 7. Ce n’est pas normal. « Que ce passe-t-il ? » je dis. Sur le papier, il y a écrit « terrorisme », « urgence ». « Vous êtes privée de liberté, madame. » On ne réalise rien à ce moment-là. On ne comprend simplement pas les mots. La tête tourne. Ils fouillent. Tout. La cuisine, la salle de bain, mes vêtements, mes livres. Ils mettent des choses de côté, ils disent « on saisit ». ça dure 3 heures. Ils prennent les ordinateurs, des affiches, des livres, un bouquin en arabe. Je leur dit « je dois aller au travail. » « Je ne pense pas que ce soit possible. » Je voudrais téléphoner, mon GSM est déjà saisi. Mon équipe attendra à Reyers, mon compagnon aussi, je ne verrai pas mon frère qui prépare un voyage de plus d’un an en Espagne et au Mali. Personne ne saura où je suis aujourd’hui.

« Au bureau » comme ils disent, c’est l’interrogatoire. Des questions sur mon nom, mon âge, mon loyer, mon numéro de carte de banque, mes opinions politiques, mes amis. Des heures passent, je commence à trembler. Aux questions auxquelles je réponds « je ne sais pas », ils insistent. Avant de comprendre ce qu’ils veulent. Le choc se diffuse lentement, à chaque question. C’est l’après-midi. J’aperçois des hommes cagoulés, armés. Ils viendront me chercher. Il doit être 17 ou 18 heures. Je suis menottée, attachée par une corde que tiennent deux hommes. Je suis masquée, je ne peux rien voir. Trajet en voiture. Sirènes hurlantes, escorte. Arrivée au Palais de Justice. Des couloirs, des ascenseurs, je ne vois rien. On s’arrête. Un homme m’enlève les menottes, mains sur la tête ; un autre, le masque. Je suis face à un mur gris. Une porte se ferme. Je n’ai vu personne. Je n’ai rien vu à part cette porte grise qui s’est fermée, grise comme les murs, comme le rebord en béton. Les murs lisses, affreusement lisses. Il n’y a aucune ouverture. J’ai l’impression d’étouffer. Envie de taper sur ces murs lisses. Je ne dois pas pleurer. Personne ne m’a dit un mot. J’attends. Des heures. 20h ? 22h ? Interrogatoire chez la juge d’instruction. « Vous n’avez pas tout dit ». Un cauchemar qui se poursuit. Je ne sais pas où j’ai mal. Ça va s’arrêter, j’en suis sûre. Je pleure quand elle parle de ma famille. C’en est trop.

A nouveau le cachot. Ma tête est raide. Je m’allonge sur le rebord en béton. Quelle heure est-il ? Est-ce que le temps s’allonge ou se rétrécit ? On reviendra me chercher. Chez la juge, dans ce bureau allumé au fond d’un couloir. « J’ai hésité » elle dit. Alors je sais. Sur mon mandat d’arrêt, il est 2h30.

C’était il y a une semaine et quatre jours. Beaucoup de choses à dire sur le mandat d’arrêt, sur l’inculpation, sur les méthodes.

Des méthodes de cowboys, des interrogatoires où on renverse la charge de la preuve. On m’a épié, surveillée, mise sur écoute, analysé mes comptes bancaires et mon écriture, depuis plus d’un an. Attendait-on de moi que je conforte une hypothèse de départ ? Que je donne des noms qui alimenteraient leur idée ? Leur enquête est restée désespérément vide. Est-ce pour cela que je suis en prison ? Sommes-nous là parce qu’il DOIT y avoir quelque chose ? Il suffirait alors de bien peu : d’affirmer des solidarités, d’avoir des idées politiques. Je l’ai entendu à notre charge, ces idées politiques ont été présentées comme en soi terroristes !

Je n’ai jamais caché mon engagement. Il est public, libre et réfléchi. Défendre des étudiants, des sans-papiers, des prisonniers politiques, se battre pour un monde plus juste, ce ne sont pas des engagements dont on doit avoir honte. Si je n’avais pas été ici, j’aurais été devant ces prisons, j’aurais écrit des communiqués, j’aurais contacté des associations.

La souffrance de ma mère et de mes frères, la solitude de mon compagnon, la tristesse de mes amis, l’incompréhension sur mon lieu de travail, la privation de liberté de quatre militants, la criminalisation de la solidarité, sont-ils des prix à payer ?

Wahoub

Prison de Berkendael

Courage puce,on pense fort fort à toi !


Add comment juin 20, 2008

J’ai peur !

Oui, j’avoue,j’ai la trouille.

Je suis morte de trouille,même.

Quand j’ai lu ceci des vapeurs se sont emparées de mon corps, la fièvre a gagné mon crâne et tous mes membres se sont mis à trembler frénétiquement :

Il reste 1 mois, 21 jours, 14 heures et 1 seconde avant la fête d’anniversaire de Choupinet…


Add comment mai 30, 2008

Le grand bleu BIS

Aprés les agapes de la veille, nous étions invités dimanche passé à fêter l’anniversaire d’un des rejetons d’un copain. Soit. Mais il y avait un hic ! Le petit fété avait décidé que son annif’ ne se passerait que dans un parc aquatique bien connu dans la capitale ! Nous avons donc sortis maillots,essuies et couches spéciales piscine et longuement hésité avant d’emmener Poupette (Choupinet arrivant presque à l’age vénérable de 4 ans ;-) nous avions moins hésité…quoique ;-) ) avec nous.

D’autant que la Poupette sortait quelques jours auparavant d’une petite maladie dont on se serait bien passé par ailleurs et que,souvenez-vous en,Poupette avait testé la piscine et aimé autant ça que moi j’aime le foie…

Des heures de négociations à côté desquelles BHV c’est du pipi de chat ont finalement abouti à la décision d’aller collégialement faire un grand plouf. Et grand bien nous en a pris ! Choupinet,bien qu’étant assez impressionné (comme GrandMâle30ans mais chuuuuuuut ;-) ) par l’infrastructure du parc, s’est fort amusé surtout dans l’espéce de plaine de jeux marine et sur les grandes bouées. Il a par contre eu un peu peur des vagues (Même si ne sachant pas nager,il restait sur le bord) et des toboggans (Où GrandMâle30ans l’a emmené “une fois pour voir”. Résultat ? Une bonne trouille sur le moment mais il ne parle plus que de cela depuis lors ;-) ).

Poupette quant à elle est restée timidement les pieds dans l’eau à barboter. Plus de pleurs et on a même réussi à lui arracher un sourire. Une future Ingrid Lempereur ? ;-)

Un trés bon moment entre copains malgré un timing un peu serré. Un petit hic ? Le prix.

Même si les petits ne paient pas et même si j’avais des bons de réductions. Pour ce qui n’est jamais qu’une piscine,même améliorée, ce n’est pas donné,mais une scéance de ciné coute presque autant de nos jours…


Add comment mai 30, 2008

Le bonheur est dans le pré !

Un barbecue. Le premier de la saison et d’une longue série,je l’espere. Du soleil,parfaitement dosé. Pas trop, ni trop peu. Parfait !

Une pelouse fraiche et vert tendre, un plaid sur lequel s’egaye une Poupette qui a peur de mettre ses menus orteils sur la dite herbe.

Un enfant qui court aprés un ballon, une corde à sauter,qui défie son pére au tennis ou qui invente milles histoires à partir d’un camion-jouet et de “bonshommes”.

Un bouquin, des bouquins. Des rafraichissements. et un pique-nique sur le plaid déja-cité.

Juste un aller-retour dans une chouette plaine de jeux (rempli d’hollandais ?!?), histoire de planter un sourire sur le visage ravi de Choupinet. Et le retour,avec joie,sur la pelouse…

Le printemps ? Le bonheur !


Add comment avril 28, 2008

Previous Posts


Calendar

juillet 2008
L Ma Me J V S D
« juin    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Posts by Month

Posts by Category